Festival Mythos 2018 – Rennes

Crée en 1996, le festival Mythos se donne pour objectif de défendre la Parole sous toutes ses formes : conte, théâtre, mythe, chanson, poésie… Un festival urbain, qui renoue avec les arts de l’oralité et questionne leur place dans nos sociétés contemporaines. Il se déroule tous les ans au mois d’avril sur les communes de Rennes Métropole, dans une vingtaine de lieux diversifiés : des théâtres, des centres culturels… Les Jardins du Thabor situés dans le centre historique de Rennes, accueillent le cœur de l’événement au sein de deux cabarets montés pour l’occasion et dans lesquels, prennent place les grandes soirées botaniques : du récit, de la musique et des nuits accompagnées par quelques DJ’s. Étalé sur une durée de dix jours, c’est une programmation éclectique qui est offert au public.

J’ai eu la chance de pouvoir photographier plusieurs spectacles. Mythos est notamment connu pour ces concerts au cabaret botanique. Mais il suffit de creuser la programmation pour voir que plusieurs spectacles méritent le détour notamment en théâtre où, cette année encore, les propositions de qualité ne manquaient pas.

Voici le retour de mon report photographique sur les dix jours de l’édition 2018 de Mythos.

Merci à toute l’équipe de Mythos notamment Julien, Armel, Laetitia, Marion ( la pauvre;-) ) et les copain(e)s photographes avec qui j’ai passé 10 jours de folie ! 

Musique / Ambiance / Théâtre


Musique

Beth Ditto

Du blues enjoué, des refrains pop fédérateurs, des riffs rock’n’roll et bien sûr de la soul… la nouvelle Beth Ditto est arrivée. Après 17 ans à distiller un garage punk de plus en plus dansant au sein de Gossip, elle se consacre aujourd’hui à son projet solo. Aimer, perdre, regretter et finalement aller de l’avant : Beth Ditto aborde ces thèmes avec toute l’émotion, la puissance, la beauté et la sensualité qu’on attendait d’une artiste aussi iconoclaste.


Bertrand Cantat & Amor Fati

De pluies diluviennes en abysses infinis. De pierres rayonnantes en algorithmes étouffantes. De manèges enchantés en jungles d’illusions. De la lampe d’Aladin aux feux des dissidences. Avec ses fidèles complices, Pascal Humbert et Bruno Green (l’équipage de Détroit), Bertrand Cantat a choisi d’écrire, de composer et d’enregistrer ce disque dans le voyage, à la lumière du monde, de ses aubes et de ses crépuscules.


Svinkels

Svinkels, c’est le coup de pied dans la fourmilière du rap hexagonal, les rappeurs les plus rock n’roll de France, comme si Lemmy et Ol’ Dirty Bastard s’envoyaient des Jack en se montrant quelques Snaps bien salaces. Avec le respect des anciens comme des plus jeunes, Gérard Baste, Nikus Pokus, Xanax et DJ Pone ont toujours eu une place à part dans le paysage musical… Dix ans après, leur retour sera le rendez-vous immanquable pour tous les amoureux du rock, du rap, du punk et du hip-hop.


Stéphan Eicher & Traktorkestar

eptembre 1978, Stephan monte dans le train de nuit Berne-Paris… Quarante ans plus tard, il est finalement rattrapé par un secret du passé. Un conte de fée où il est question de séparations et de retrouvailles. Une histoire de famille nombreuse, dans laquelle onze frères et leur unique sœur se demandent bien qui est ce monsieur qui les supplie de jouer encore plus vite et plus fort. Stephan Eicher reprend la route en compagnie d’une fanfare explosive et d’une virtuose du beat-boxing.


Anne sylvestre

Visionnaire, féministe, engagée et subtile, Anne Sylvestre habite et peaufine un répertoire poétique et éclatant. Ces soixante années de chansons, elle les a choisies un peu pour elle, beaucoup pour nous, ou l’inverse. Tout est dit, Anne Sylvestre nous attend.


Thérapie Taxi

Avec ses singles dérangés et dérangeants, Therapie Taxi surgit sur la scène pop francophone dans un délicieux mélange des genres. La folk flirte avec l’électro, la rythmique est frénétique et les mélodies sont envoûtantes. Ça rime, ça sonne et ça parle. De tout mais aussi de rien. Du tinder love aux soirées trop arrosées, de la drague et des excès. Avec ses textes en français, Therapie Taxi se pose comme un miroir de la jeunesse et de son temps, désabusé peut-être, mais brûlant de désirs.


Gauvain Sers

Enfant, « dans la bagnole de son père » sur les routes de la Creuse, passent dans l’autoradio des cassettes de Brassens, Ferrat, Gainsbourg, Souchon et bien entendu Renaud, mais aussi Dylan, Simon & Garfunkel, Neil Young… Aujourd’hui, ce souvenir reste indélébile et la chanson le crédo de Gauvain Sers. Cette chanson française si particulière que l’on aime tant, à la fois tendre et engagée.


The EX

The Ex, c’est presque 40 ans de carrière et plus de 20 albums. Après ses débuts en 1979 à Amsterdam en pleine vague punk, le groupe n’a eu de cesse d’évoluer et d’explorer d’autres horizons : noise, jazz, post-rock, folk, musique ethnique… Toujours très engagés politiquement, les quatre membres du groupe signent le grand retour de la « Ex-music » avec la sortie de 27 Passports. Guitares bruyantes, chants provocateurs, énergie impitoyable… le live de The Ex promet d’être d’une grande puissance.


La Poison

La Poison , c’est l’antidote : laissez vous contaminer !

Reclus dans la capsule de son laboratoire interstellaire, Lars Sonik est en quête de l’Antidote, l’Universel : un doigt synthétique de Devo, une dose de B52’S, un red lipstick du Rocky Horror Picture Show et une mèche de Betty Davis. Imperceptiblement, le breuvage prend une couleur verdâtre et s’échauffe. Docteur Fugu, son fidèle assistant, lâche la fiole. Elle se brise et libère une brume toxique qui emprunte forme humaine et féminine. La Poison est née.


Bagarre

Découvert il y a quatre ans, Bagarre s’est révélé comme l’un des groupes live les plus fiévreux de la scène hexagonale. Bagarre, c’est l’amour et la sueur, pas de fosse, pas de scène, un seul club. Ne leur parlez ni de genre ni de style, ils cherchent à faire tomber les barrières et à exploser les cases et les codes. Les cinq membres du groupe fonctionnent de manière horizontale : tout le monde compose, tout le monde chante, tout le monde danse. CLUB 12345, leur premier album qu’ils décrivent comme directement issu du chaos musical d’Internet, va faire chavirer les amoureux de pyramides humaines, d’anarchisme musical et de clubbing autogéré.


Fantazio & Théo Ceccaldi

Une boîte à surprises concoctée par l’union inédite de deux histrions de l’impro.

Au menu : beau bazar et berceuses turbulentes. Le performeur-contrebassiste et l’étoile montante du violon-jazz ont beaucoup en commun : des mélodies qui leur tournent en tête comme des chars dans des arènes, l’envie de raconter des histoires, de préférence surréalistes, le besoin de se confronter à toujours plus de musiciens différents… Entourés par la nouvelle garde du jazz français, ils se font tout un film avec pas grand-chose. Et c’est déjà beaucoup.


Cabadzi X Blier

Désormais en duo, le groupe s’est approprié l’œuvre de Bertrand Blier pour en faire un album et un spectacle à la fois puissamment personnels et d’une grande fidélité à l’esprit du réalisateur qui a donné son accord au projet dès la première écoute des titres.

Sur scène, Cabadzi s’habille des images de films de Blier, redessinées par Adams Carvalho et mises en mouvement par Maxime Bruneel dans une scénographie de Cyrille Dupont. À travers cette dimension picturale, Cabadzi x Blier entraîne le spectacle vivant aux frontières du septième art.


Cléa Vincent

Difficile d’écrire la biographie de quelqu’un qui a encore tout à vivre. C’est au futur indicatif qu’il va falloir conjuguer les talents de la jeune parisienne Cléa Vincent. Elle est volontaire et capable de tout. La musique électronique, elle l’a en elle comme tous ceux qui ont grandi à la fin des années 90 et 2000, mais sa curiosité bien placée pour le répertoire français remonte jusqu’aux années 60. Elle se présente à nous aujourd’hui comme une France Gall imprégnée de culture Electronic Dance Music qui enchaîne les chansons à la vitesse haut-débit d’Alice aux pays des merveilles.


Mariscal

Pour la sortie de son premier album, le spectacle de Mariscal est pensé comme un prolongement de l’œuvre discographique et de son interprétation audiovisuelle en 8 clips. Ces vidéos seront projetées sur un écran translucide situé en devant de scène et derrière lequel Mariscal et son musicien évolueront, apparaîtront et disparaîtront selon les passages.

Ce spectacle est une forme hybride entre le cinéma, le concert et le théâtre.


La nuit nous appartient


Boom des enfants

Le dimanche, tout est permis ! Java des minots, fiesta pour mini-ados, party des kids, boom de coton, c’est décidé : les têtes blondes aussi font leur festival. Avis aux baby-boomers : on sort les confettis et les paillettes pour venir danser au Thabor ! 


 

Ambiance

Mythos, ce n’est pas que des spectacles, c’est aussi une ambiance sur les transats dans le cadre idyllique du Thabor avec la scénographie de l’association « les Oeils »

 


 

Théâtre

Airnadette

Suite à la disparition mystérieuse de l’un de leurs membres, les Airnadette devront partir dans une quête jalonnée d’embûches et de détours, et faire face à un ennemi vraiment pas très sympa…

Airnadette, c’est l’art de détourner la culture culte : des répliques qui ont marqué le cinéma, des extraits de tubes interplanétaires, des bribes de discours politiques devenus légendaires… C’est l’art d’agencer ces plus de 500 extraits en une histoire rocambolesque et de l’interpréter dans un playback millimétré devant un public hilare.


Évidences inconnues

Yeux qui s’écarquillent, cris de stupéfaction et bouches ouvertes de surprise… Dans son spectacle hors norme, Kurt Demey, mentaliste de renom, confesse au public  : « Je suis mentaliste et je vais être honnête avec vous, je vous mens ».

Activement impliqués, vous allez suivre l’enquête menée sous vos yeux et commencer à douter de la réalité… Les coïncidences qui s’accumulent deviennent pure magie et ne manqueront pas de perturber les plus terre-à-terre d’entre vous.

Dans Évidences InconnuesKurt Demey fascine autant qu’il effraie quand il perce nos vérités. Accompagné du contrebassiste Joris Vanvinckenroye, il signe une pépite théâtrale, musicale et poétique.


Gus

Gus est un drôle de héros. Chat inquiet, hostile, méfiant, agressif et mélancolique, il est un peu paumé dans ce monde où la sensibilité devient un handicap. Maladroit, il a bien du mal à rentrer ses griffes et écorche tout ce qu’il touche, parfois bien malgré lui. Il avance en terrain miné.

Gus erre, se plaint, se lamente, enchaîne les conneries. Il chante aussi, slame presque sur des notes de guitare électrique, tour à tour doux ronrons ou feulements suraigus. Il écrit, il est capable d’être drôle puis redevient un sale chat. C’est plus fort que lui. C’est presque un cas désespéré.

Mais le pire n’est pas toujours sûr : si Gus, un jour, parvenait à s’aimer, peut-être qu’on serait capable(s) de l’aimer nous aussi…


Illusions

Ivan Viripaev prend une histoire simple, apparemment, celle d’un homme, qui, sur son lit de mort, déclare à sa femme tout l’amour que celle-ci lui a permis d’éprouver. En cet instant, il sait que le véritable amour ne peut être que réciproque. Mais la succession des récits vient voiler, peu à peu, la clarté de cette évidence. Le spectacle semble de prime abord se résumer au simple fait de venir raconter, mais l’amour peut-il se raconter ? Peut-il être une histoire ?

Des quatre jeunes qui viennent ici transmettre et rejouer l’histoire de deux couples âgés, on ne saura rien… Ce qu’ils racontent est dans le passé mais ces paroles intimes, tendres et cruelles adressées avant de mourir à la compagne ou au compagnon d’une vie, peuvent aussi s’entendre comme l’avenir de ces jeunes êtres.

Et si notre condition, jusqu’à notre dernier souffle, était de toujours avoir affaire à l’illusion ?


Hedda

Hedda est une rencontre, une histoire d’amour ordinaire entre deux êtres que tout oppose. C’est le récit de cette passion qui les dévore… jusqu’au premier coup porté. Hedda c’est le combat de cette femme qui lutte contre son mari violent mais aussi contre ses propres démons.

Lena Paugam porte au plateau avec délicatesse le récit d’un couple qui se raconte. Elle s’approprie comme une seconde peau l’écriture tendue et rythmée de Sigrid Carré-Lecoindre qu’elle teinte d’une ironie mutine et d’un humour salvateur.


Un jour de pluie

Texte inédit d’Ascanio Celestini traduit par les étudiants du département d’italien de l’Université Rennes 2

Une création pluri-artistique des élèves et enseignants du lycée Bréquigny, sous la direction de Massimo Dean.

Projet inédit et original, conçu comme un chantier exploratoire, Un jour de pluie est un puzzle de personnages sans aucun pouvoir qui se croisent dans l’espoir qu’un jour ou l’autre un miracle surgisse. L’humanité tout entière est représentée : des clochards, des immigrés, des prostituées, des caissières de supermarché, des tsiganes, des manutentionnaires etc. C’est toute cette humanité invisible, en marge, qui vit : jusqu’au dernier des derniers.


(8) liaisons

ous aimez écouter les autres ? Alors venez vous faire plaisir en toute indiscrétion !

Vous plongez dans l’intimité de quatre personnes dont les histoires s’entrecroisent. Vous les suivez à travers la ville où vous devenez les témoins privilégiés de leurs bouts de vie.

L’écriture des (8) Liaisons distille une parole quotidienne, réaliste et croustillante, qui questionne les relations amoureuses : une relation nouvelle, un couple avec enfants, un frère et une sœur, des amies de circonstances, des anciens amants et des vieux potes.

Le dispositif sonore permet d’observer à distance les scènes qui s’intègrent dans le décor habituel de la ville.

Ce spectacle est une création de la compagnie Les Grands Moyens. Il est produit à Liffré dans le cadre de la résidence-mission du Collectif A4, regroupement des 4 compagnies rennaises des arts de la rue : Le Criporteur, Quignon sur rue, Version 14 et Les grands moyens. Le Collectif est en résidence-mission à Liffré depuis le printemps 2017.


Qui va garder les enfants?

À partir d’une enquête de plus de deux ans, aux côtés de plusieurs femmes politiques dans leur quotidien, Nicolas Bonneau aimerait raconter leur vie au jour le jour, dans leur métier et dans leur vie personnelle. En dresser des portraits. Femmes de droite ou de gauche. Son choix s’attache à des femmes qui évoluent dans des sphères différentes du pouvoir, local, national ou international. Il restitue leur parcours familial et politique, les convergences, difficultés et différences de ces femmes au combat.